Patrice,
Nous sommes tous là pour te dire adieu et te rendre un dernier hommage.
Tu pars avant nous, bien trop tôt, bien trop vite. Ta disparition me rappelle comme une évidence que nous sommes finalement bien peu de choses et qu’il faut profiter de chaque seconde, de chaque minute ici bas.
Je t’ai rencontré à l’âge de 13 ans du côté de la cité centrale à Gardanne notre fief. Tu venais tout juste d’arriver du Nord avec tes gentils parents Henri et Aglaë ainsi que Patricia ta soeur et Bruno ton frère, à l’inverse, j’étais un pur Gardannais, bien ancré dans le sud. Pourtant, dès le début, la mayonnaise a pris entre nous. Tu étais impulsif, vif, entier mais clivant (on aimait ou pas) alors que j'étais calme et réservé mais, c’est ainsi qu’a commencé une amitié qui aura traversé finalement toute une vie.
Nous avons grandi ensemble, partagé un peu les bancs du lycée mais surtout nous avons partagé l'amour des mobylettes trafiquées, des motos pétaradantes et des voitures pourries, à une époque ou il n’y avait pas toutes ces interdictions, puis on a fait notre service militaire non loin l'un de l'autre toi à hyères moi à Toulon .
Après l’armée, ce fut la mine. Là encore, ensemble. On se voyait tous les jours, c’était naturel, comme une extension de l’enfance. Nos vies sentimentales ont suivi le même rythme. On a découvert l’amour à la même période, on s’est même mariés la même année, en 1981. Les grands moments de la vie on les a vécus côte à côte plus particulièrement les naissances de nos enfants dont nous sommes si fiers maintenant.
Puis est venu le temps de la retraite alors que nous étions encore jeunes (merci les Charbonnages de France). Grâce à toi, j’ai découvert le Vietnam le Cambodge puis la Thaïlande… Moi qui n’étais jamais trop sorti de France, j’ai adoré ces cultures si différentes de la nôtre. Depuis, on avait pris l’habitude de fuir l’hiver ici pour revenir au printemps comme les hirondelles. Ces voyages resteront à jamais gravés dans ma mémoire avec tes adorables beaux-parents vietnamiens et une mention spéciale pour le papa de minh hieu qui s'appelle tam mais, c'était normal de l'apprécier car au coeur de cette fourmilière vietnamienne qu’est ho chi minh city c'était le seul viet qui parlait français à 100kms à la ronde
Et puis, il y avait nos moments à la salle de sport. C’était bien plus que du sport, c’était notre parenthèse, notre soupape, nos fous rires, notre discipline, notre amitié dans sa forme la plus simple et la plus fidèle entourés d’amis avec qui on refaisait le monde plus qu’on ne soulevait de la fonte surtout toi, patrice le « Go Club Med » de toutes les salles que tu as fréquentées et ton célèbre cri de ralliement "et nous alors" à chaque fille qui entrait dans la salle de muscu pour nous avertir mais surtout pour nous faire rire.
Mais c’est dans cette dernière salle de trets, lors de ta dernière course, que tu as pris ton envol… Sans prévenir, fidèle à ton style : impulsif, entier, libre. Mais tu laisses ta famille, et moi, ton frère de cœur, avec un vide immense. Je vais m’emmerder grave sans toi, mon poto.
Jean-Paul notre troisième mousquetaire est parti il y a un mois et toi, ce 13 octobre. Je reste seul mais à quel prix ?
Je n’arrive pas à croire que je doive parler de toi au passé. Tu étais, tu es, et tu resteras une partie de ma vie, de mon histoire. Impossible pour moi de t’oublier. Adieu mon frère, mon ami, mon complice. Tu es dans mon cœur pour toujours.